Derrière les masques verts
Me voilà dans un magasin de produits naturels, en train de regarder les autres marques de cosmétiques. Nous connaissons la qualité de nos propres produits, mais de temps en temps, il faut bien aller voir ce qui se fait ailleurs. On dit qu’il vaut mieux éviter de chanter ses propres louanges. Tant pis : aujourd’hui, comparons un peu.
L’idée m’est venue pendant que ma femme faisait les courses alimentaires et que je flânais au rayon cosmétique. Certains produits avaient vraiment fière allure au premier regard. En faisant abstraction des emballages en plastique qui ne me séduisaient guère.
J’ai découvert des savons noirs aux noms attrayants et aux emballages soignés. Le concept me plaisait. Puis j’ai lu les ingrédients : de l’huile de palme en première position, sans indication bio, suivie d’une dizaine d’autres composants. Je me suis demandé ce qui reliait vraiment ces formules au savon noir traditionnel, au-delà de leur couleur.
Ensuite, les crèmes pour le visage. Là encore, des concepts séduisants et de grandes promesses. L’une annonçait 22 % d’ingrédients biologiques. Pour moi qui accorde tant d’importance aux matières premières, c’était décevant. Ce pourcentage ne permet pas, à lui seul, de juger toute une formule : il faut notamment savoir comment il est calculé. Mais il invite à regarder au-delà du nom et de l’emballage.
Si l’on choisit une précieuse huile de chanvre bio pressée à froid, j’aimerais que le reste de la formule soit pensé avec la même exigence. La proportion des ingrédients, leur origine et la manière de les travailler comptent autant que la présence d’une belle huile sur l’étiquette. Certaines matières sensibles demandent aussi une attention particulière à la chaleur.
Pourquoi ne pas accorder autant de soin au choix de la glycérine ou de l’alcool ? Ces ingrédients font moins rêver qu’une huile rare. Pourtant, ils font eux aussi partie de ce que nous appliquons sur la peau. Un ingrédient vedette en petite quantité ne raconte pas toute l’histoire d’un produit.
Je trouve dommage de voir des formules miser autant sur leur image naturelle, sans que l’origine, la saisonnalité ou la qualité de l’ensemble des matières premières soient aussi clairement mises en avant. Les attentes des personnes qui choisissent la cosmétique naturelle sont souvent élevées, et c’est bien compréhensible.
J’ai aussi remarqué un gel douche affichant « BIO » en grand, avec 10 % d’ingrédients bio annoncés. Ma première réaction a été : « Ah, chouette ! » Puis j’ai regardé les petits caractères. Encore une fois, les règles de calcul et le détail de la composition méritent qu’on s’y attarde.
Et que penser d’une gamme qui met le figuier de Barbarie au premier plan, si cet ingrédient n’occupe qu’une place minime dans la formule ? La confiance dans une marque ne devrait pas nous empêcher de nous poser la question.
J’ai passé beaucoup de temps à étudier les matières premières et les cosmétiques naturels. C’est sans doute pour cela que certaines compositions continuent de me surprendre. Cela vaut vraiment la peine de lire les ingrédients et d’essayer de comprendre leur rôle. Des applications peuvent aider, mais elles ne remplacent pas une lecture attentive : la qualité d’un soin dépend aussi des dosages et de l’ensemble de la formule.
Deux pistes pour faire connaissance avec les cosmétiques naturels
- Découvrir la fabrication de cosmétiques permet de mieux comprendre les matières premières et les choix de formulation. C’est aussi très plaisant, à condition de respecter l’hygiène et les règles de conservation.
- Essayer une routine plus simple. Moins de produits, bien choisis, peuvent très bien convenir à la peau. Nous en parlons dans notre article sur le minimalisme dans les soins.
Mais peut-être suis-je simplement un passionné de cosmétique naturelle qui passe trop de temps à lire les étiquettes… J’avais envie de partager mon étonnement et de laisser sortir un peu de vapeur. C’est fait !
Il existe aussi de petites marques naturelles et bio qui travaillent remarquablement bien, avec une philosophie sincère. Ce n’est pas toujours facile de les reconnaître au milieu de tous ces masques verts.
Chez nous, la place des matières premières biologiques est au cœur des formules. Pour connaître la composition exacte de chaque soin, le plus simple reste de consulter sa liste d’ingrédients. Oui, j’allais forcément terminer en parlant de nos matières premières. ;)
